La famille Gonsalvus

 

Tognina par Lavinia Fontana

Tognina par Lavinia Fontana

Tognina (Antonia ?) Gonsalvus, ou encore Conzalves ou Conzales (née vers 1580 en France,  les dates exactes de sa vie ne sont pas connues) était ce qu’on appelle une « fille-singe ». On considère que sa famille représente le cas d’hypertrichose  le plus ancien à avoir été décrit de façon certaine chez l’homme en Europe.

 

Antonia a été représentée dans différents tableaux et dessins imprimés en tant que petite fille et en tant que jeune femme ; on la connaît jusqu’à aujourd’hui sous le nom de Tognina. Elle grandit à Fontainebleau où elle faisait partie de la cour du roi Henri II. On la mentionne surtout dans des rapports sur sa famille.

Petrus Gonsalvus (anonyme allemand) 1580

Petrus Gonsalvus (anonyme allemand) 1580

Petrus Gonsalvus, le père de Tognina, était né vers 1537 à Ténérife. Il vint enfant à la cour d’Henri II où on le considérait d’abord comme un singe familier avant de s’intéresser à lui de plus en plus. On procura à Petrus, qui parlait sans doute le latin, une femme qui n’avait aucune pilosité anormale. Le couple eut plusieurs enfants dont certains, par exemple Antonia, avaient hérité la nature de leur père. Henri II mit à la disposition de la famille une partie du parc de Fontainebleau dans l’intention de lui offrir environnement naturel et protection. Ces « hommes-singes » participaient régulièrement aux manifestations sociales, habillés de vêtements de cour, la petite Tognina était toujours affublée comme une poupée. 

Très vite la pilosité excessive d’une partie de la famille a suscité l’intérêt des savants. Ulisse Aldrovandi (1522-1605), médecin italien et naturaliste, nous parle en détail de la famille dans sa Monstrorum Historia depuis l’année 1642 . 

En 1596 le peintre italien Agostino Carracci (1557-1602) plaça sur un tableau Arrigo, le poilu, à côté de Pietro, le fou, et d’Amon, le nain. Lavinia Fontana fit une représentation de la petite Tognina. 

Agostino Carracci - Arrigo peloso, Pietro matto e Amon nano

Agostino Carracci – Arrigo peloso, Pietro matto e Amon nano

 

Le point de vue scientifique :

L’hypertrichose est le symptôme d’un dérèglement hormonal qui se manifeste, chez l’homme ou la femme, par une pilosité envahissante sur une partie du corps ou sa totalité. Le terme est issu du grec hyper : « avec excès », et thrix, trikhos : « poils ». C’est une maladie congénitale rarissime.

Cette maladie a été étudiée en médecine sous le nom d’Acromegaloide hypertrichose syndrome qui met en relation d’autres signes cliniques présents qui affectent le faciès de la personne atteinte dont le tableau général est un visage aux traits grossiers anormalement velu.

Dès la naissance l’hypertrichose est modérée à sévère, et se majore progressivement pendant les 2 premières décennies. L’épaississement des mains et des traits apparaît dans l’enfance. La viabilité du sujet est normale. Divers traitements hormonaux peuvent atténuer sa manifestation.

Les cas recensés sont peu nombreux (de l’ordre d’une vingtaine) mais très spectaculaires, la personne ayant la face entièrement recouverte de poils comme un animal. On suppose que ces apparitions, dans le passé, ont peut-être donné naissance au mythe du loup-garou.

Autre cas d’hypertrichose :  Julia Pastrana

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Sources : wikipedia.

 

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